Les géosciences

Les géosciences souffrent d’une mauvaise réputation. Le grand public n’y voit pas d’intérêt scientifique et encore moins sociétal. Qui a besoin d’un géologue comparé à un militaire, un avocat ou un médecin ? Lorsqu’elles ne sont pas perçues comme inutiles, les géosciences sont trop souvent résumées à la prospection et l’extraction de matières premières (pétrole, gaz et autres minerais), aux énergies renouvelables (géothermie, éolien, hydraulique et solaire) ou encore à l’archéologie et aux dinosaures… Leur donnant à tort un rôle oscillant entre une source de pollution et une science enfantine.

Les géosciences sont pourtant à la croisée des sciences dures et de la philosophie. Elles se servent du raisonnement scientifique pour répondre aux questions existentielles. Pourquoi le monde ? Pourquoi la vie ? C’est motivée par ce questionnement que je me suis formée aux géosciences. Un besoin vital de comprendre l’existence de la Terre, ou au moins de comprendre son fonctionnement. Les géosciences sont des sciences fondamentales, à l’origine des interrogations les plus primaires.

« Ces parfums d’herbe et d’étoiles, la nuit, certains soirs où le cœur se détend, comment nierais-je ce monde dont j’éprouve la puissance et les forces ? Pourtant toute la science de cette terre ne me donnera rien qui puisse m’assurer que ce monde est à moi. Vous me le décrivez et vous m’apprenez à le classer. Vous énumérez ses lois et dans ma soif de savoir je consens qu’elles soient vraies. Vous démontrez son mécanisme et mon espoir s’accroît. Au terme dernier, vous m’apprenez que cet univers prestigieux et bariolé se réduit à l’atome et que l’atome lui-même se réduit à l’électron. Tout ceci est bon et j’attends que vous continuiez. Mais vous me parlez d’un invisible système planétaire où des électrons gravitent autour d’un noyau. Vous m’expliquez ce monde avec une image. Je reconnais alors que vous en êtes venus à la poésie : je ne me connaîtrai jamais. »

A. Camus

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