Mon introspection

Surdoué raté ? Flexibilité cognitive développée. Faible estime de soi. Trouble de l’attention passager causé par une surcharge émotionnelle. Résultats hétérogènes.

Revenons en arrière, je vous explique comment j’en suis arrivé là. C’est vrai que je ne suis pas très dispo en ce moment. Je ne prends plus le temps de rien. Je cours après quelque chose… Mais quoi ? Ou alors au contraire je fuis quelque chose… Mais quoi ? En tous cas ça ne va pas.

J’ai toujours été quelqu’un de positif, à chercher le bien là où il n’est pas. Grossière erreur. Pourtant je suis lucide mais ne faut-il pas chercher le positif dans toutes les situations ? Tout n’est pas nécessairement positif. J’ai appris à accepter que parfois les expériences ne servent à rien. Si le temps n’apporte pas nécessairement de réponses, il multiplie de façon exponentielle les questions. J’ai alors lâché prise. Lâché prise sur mes croyances. Lâché prise sur mes expériences. Lâché prise sur mes connaissances. Pour me retrouver moi. Face à moi-même.

Il faut du temps pour se retrouver face à soi-même. C’est pas le style de rendez-vous que l’on prend à la légère. J’ai donc pris ce temps. J’ai fait de nombreux tests. J’ai découvert en moi une personne sympathique, curieuse, dynamique, pleine de questions mais pas très sûre d’elle. La psy, elle, a découvert une personne singulière, hors norme, créative, pas loin d’être en marge de la société mais surtout quelqu’un qui a la possibilité de faire évoluer le monde par son originalité.

Ca alors. Ca m’a ouvert des horizons. Moi qui cherchait tellement à rentrer dans un moule, j’entendais pour la première fois qu’il fallait accepter sa singularité. Et plus encore, que c’est cette différence qui permet de faire évoluer le monde. Grosso modo il faut que je commence à suivre mes envies et à m’écouter. « Il a vraiment fallu qu’une psy te le dise pour que tu comprennes ? » m’a lâché mon frère… Effectivement, j’en étais arrivé au point où ma remise en question permanente m’empêchait d’y voir clair.

Ces révélations ont bien entendu eu quelques conséquences sur ma vie sociale… Cela m’a obligé à faire un (petit) ménage dans mes relations. Je ne sais même pas pourquoi je gardais contact avec certains. J’ai ressenti le besoin de me rapprocher de moi et de mes convictions. Tous ceux qui m’en éloignaient ont été mis sur la liste noire. Cela a engendré un changement de vie radical (ou un changement radical dans ma vie) puisque certaines de ces personnes faisaient partie de mon quotidien…

Avant, je passais mon temps à aider et conseiller mes proches. Tellement que ça m’empêchait (ou m’évitait) de me pencher sur mes propres projets. Malheureusement, il y en a qui en profitent. Ceux dont leur petite personne est plus importante que tout, au détriment du reste. Ceux dont les envies ne semblent jamais pouvoir être bousculées… Pour moi c’est impossible. Je suis influencée par tout, tout le temps. Une forme d’indécision permanente ou d’une soif de tout. Chaque étape de ma vie est un évènement mystérieux et dénué de sens aux yeux de beaucoup de gens. Qui, un an auparavant, aurait pu m’imaginer faire ce que je fais aujourd’hui ? Je pense que si demain j’annonce à mes proches que je veux devenir postier… ou rock star (ou les deux en même temps), ils ne seraient pas étonnés. La vie est une drôle de curiosité. La manière dont les gens vivent la-leur m’intrigue. Cependant, il me faut trouver un équilibre entre vouloir faire le bonheur autour de moi, et vouloir mon bonheur. La balance est sensible.

Qu’est-ce que je fais ? Pourquoi j’écris ? Une thèse auto-financée… Pourquoi pas ? J’étudie la vie. Ma vie. Je suis trop terre-à-terre pour étudier des phénomènes abstraits. Je me souviens encore du jour où j’ai défini les modèles scientifiques à mon professeur comme des « schémas numériques qui ne fonctionnent pas ». Tout le monde a ri. Moi, j’en suis toujours convaincu. Pas que la science soit inutile, loin de là, mais je pense qu’à chercher chaque fois plus loin, on s’éloigne de l’essentiel. Essentiel -> essence -> nature profonde des choses. L’essentiel, il ne faut pas s’en éloigner.

Qu’est-ce que l’essentiel d’ailleurs ?

L’essentiel c’est moi. Tout ce qui me fait grandir. Tout ce qui me fait du bien. Tout ce qui me rend heureux, léger. Tout ce qui m’est bénéfique. L’égoïsme en ce sens est nécessaire. Si je suis bien avec moi, alors je suis bien avec l’autre. Un égoïsme tourné vers l’autre. Pour mieux vivre ensemble.

Je crois que réussir c’est avant tout être soi. La vie se résumerait alors à s’apprivoiser, savoir jouer de ses qualités, de ses défauts. Assumer. La culpabilité est à bannir. Tout le monde fait des erreurs. « C’est en se plantant qu’on peut pousser ». Si la culpabilité est trop forte, elle empêche de se focaliser sur l’essentiel.

Mais l’essentiel c’est aussi le moment présent. Qu’est-ce que je fais de ce présent ? Qu’est-ce que je pense ? Est-ce que cette pensée est utile et vraie ? Sinon est-elle au moins positive ? Est-ce que je suis seul ? Ou suis-je vraiment présent pour les gens autour de moi ? Suis-je ouvert au monde qui m’entoure ? Accueillir la vie. Accueillir chaque moment comme un bon ami qui frappe à la porte et qu’on a envie de chérir. La clef des petits bonheurs réside dans l’essentiel.

Suivre son chemin de façon apaisée, c’est peut-être ça l’art de vivre. Apprendre à répondre à ses rêves et non à ses obligations. Être le moteur, se challenger soi-même sans attendre une sollicitation extérieure. Savoir être exigeant, vouloir toujours plus mais apprécier ce que l’on a. Parce que le temps ne pardonne rien. Avancer, c’est s’améliorer ou régresser. La vie ne stagne pas. Il faut investir en soi. Je veux être cette personne avec qui on a envie d’avoir des projets. Des beaux projets, qui tiennent la route.

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